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François Jeannot (à dr.), en compagnie du Suisse Beat Wüest, membre de l’Union internationale des chemins de fer.

François Jeannot (à dr.), en compagnie du Suisse Beat Wüest, membre de l’Union internationale des chemins de fer. © Jean-Christophe Montupet

Portrait. François Jeannot, une vie au service des autres

23 juin 2026
- -
Par : Jean-Christophe MONTUPET

Cheminot retraité, François Jeannot, 68 ans, a construit sa vie autour du même fil conducteur : l’engagement au service des autres.

Né au Havre en 1958, il grandit dans une famille où l’éducation et les valeurs humaines occupent une place importante. Élève appliqué et discret, il découvre très vite le sens du collectif. Après avoir été louveteau puis éclaireur, il s’engage à 17 ans dans le scoutisme. Une expérience fondatrice qui marquera son parcours. « Je voulais me rendre utile pour les autres », dit-il. Avec le recul, il réalise combien cette expérience d’écoute et de responsabilités lui aura forgé des valeurs qu’il va garder tout au long de sa vie professionnelle et associative. Parallèlement, il rejoint le Secours catholique au Havre. Il restera dans ces deux mouvements jusqu’à l’âge de 30 ans, pendant ses études (maths sup, maths spé) et même au début de sa carrière.

Un jour, il entend au cours d’une émission TV l’appel de SOS Amitié, qui recherche des bénévoles pour écouter par téléphone des personnes en détresse. « J’ai ressenti le besoin de répondre à cet appel qui correspondait à ma vision humaine du bien vivre ensemble », commente-t-il.

La vie continue, et son entourage le pousse vers des métiers dits « sérieux » : médecin, ingénieur… Mais son désir profond est ailleurs. Il aimerait être instituteur « pour rester au contact des autres et pratiquer l’entraide au quotidien ». En mai 1983, il entre à la SNCF au Havre comme chef de district. C’est le début d’une belle carrière professionnelle qu’il mènera sans jamais totalement mettre de côté son engagement humain.

En 1993, il part pendant deux ans, suite à un appel d’offres du ministère de la Ville, pour une mission interprofessionnelle sur la politique de la ville dans douze pays différents (Égypte, Mexique, États-Unis…). L’objectif ? Réfléchir à la manière de lutter contre l’exclusion sociale dans les quartiers.

En 1995, il fait son retour à la SNCF en tant que chef du département Conditions de travail, facteurs humains et sécurité et santé du travail à Paris. Jusqu’à son départ en retraite en 2016, il s’occupera toujours de la sécurité ferroviaire à différents postes et missions sur les conditions de travail et les ressources humaines. Il s’occupera aussi du CARST (conseiller animation régionale Sécurité du travail) des Cosec (conseiller opérationnel Sécurité). Sa dernière mission, d’ampleur, pour la SNCF se déroulera entre 2012 et 2016 au Maroc, pour préparer les équipes locales à l’arrivée du TGV et former le personnel aux enjeux de la sécurité.

Investi dans le dialogue social tout au long de sa carrière, il a exercé des responsabilités syndicales. Une expérience qu’il juge positive. « On m’avait dit que cela pourrait être préjudiciable à ma carrière. J’avais répondu qu’au contraire, cela serait pour moi une richesse dans le dialogue et les échanges. »

Retraité depuis 2016, François Jeannot poursuit son engagement avec la même discrétion et la même constance. Depuis 2000, il est écoutant bénévole au sein de l’association La Porte ouverte à Paris. Chaque semaine, dans différents quartiers de la capitale, il reçoit des personnes en grande difficulté : dépression, addictions (alcool, drogues, écrans), isolement. « Je ne vois jamais les mêmes personnes et il s’installe souvent un climat de confiance très fort », confie-t-il. Il intervient aussi régulièrement à Orléans-Saran, dans les groupes de parole en milieu pénitentiaire, une action mise en place par l’État pour prévenir notamment les suicides.

L’ancien cheminot a voulu garder des liens avec la SNCF. Depuis 2017, il préside l’association La Santé de la famille, dédiée à la prévention des addictions et à l’écoute et l’accompagnement des personnes touchées par ces difficultés (lire pages 14-15).

S’il reste engagé dans le monde associatif, c’est parce qu’il a très vite compris « que tout le monde n’a pas la même chance au départ. J’ai voulu prendre la voie de la solidarité, le choix de l’écoute et de l’action, tout en gardant une certaine discrétion. J’en retire aussi beaucoup d’humanité. » Il n’a jamais séparé le devoir professionnel de l’entraide humaine. Son parcours inspirant illustre la tradition de solidarité de la grande famille cheminote.



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