Promis à la disparition en Europe de l’ouest il y a dix ans, quelques trains de nuit ont survécu et attirent depuis 2021 une clientèle de plus en plus nombreuse, friande de voyages à prix modérés et respectueux de l’environnement. Leur développement est aujourd’hui limité par un manque de matériel roulant, des travaux nocturnes sur les voies ferrées, une difficile coopération entre exploitants et une équation économique délicate. Malgré l’existence de l’Agence ferroviaire européenne (ERA), les délais d’homologation des nouveaux matériels sont longs, notamment pour rouler sur le réseau français : les nouvelles rames qui seront commandées en France fin 2026 ne devraient pas être disponibles avant 2033-2034.
D’anciennes rames, dont le désamiantage s’impose même en cas de destruction, pourraient être rénovées en moins de deux ans et conforter le parc existant dans les dix ans qui viennent : renforcement quantitatif et qualitatif des trains, rétablissement de la desserte du Massif Central… Quant au remplacement urgent des locomotives en fin de vie, les nouveaux modèles d’Alstom et de Siemens sont homologués ou en passe de l’être prochainement.
En France comme en Allemagne, une part importante du réseau ferré structurant est non circulable la nuit (hors été) pour cause de travaux.
L’urgente remise à plat de l’organisation des chantiers nocturnes doit permettre de maintenir 365 jours par an des itinéraires, même alternatifs, à l’image de la circulation du train de nuit Paris-Tarbes par la LGV Tours-Bordeaux le week-end, où la ligne classique subit de lourds travaux d’entretien. Enjeu organisationnel majeur également pour la gestion opérationnelle des aléas, qui nécessite un pilotage temps réel et une coopération au plus niveau.
L’équation économique est sans doute le point le plus sensible. Les recettes doivent intégrer :
- le prix des nuitées, selon différents niveaux de confort
- celui des voyages, y compris sur des parcours prolongés de début et de fin de journée
- et sans doute celui de prestations complémentaires (en-cas, petits-déjeuners, …).
Des soutiens financiers au lancement restent indispensables : partenariats locaux ou régionaux, privés et publics, notamment au titre du développement économique et touristique, de l’équilibre des territoires, de la contribution à la préservation de l’environnement et de la santé humaine. Plus que jamais, une dynamique collective est nécessaire, ainsi qu’une impulsion forte au niveau européen : spécifications communes et garantie d’emprunt pour le matériel roulant, facilitation de l’interopérabilité aux frontières, pass rail, droit des passagers…







