Rouvrir le Canfranc assure le transport de fret et de passagers sur toutes les échelles de distance en appliquant l’impératif de décarbonation.
On assiste en Béarn à un déluge d’actions contre la réouverture des 33 km encore fermés entre Bedous et Canfranc du chemin de fer Pau-Canfranc-Saragosse.
La remise en service du Canfranc bénéficie d’un large soutien de l’opinion publique comme le montrent tous les sondages. La réfection de la voie entre Pau et Oloron-Sainte-Marie, puis la remise en service jusqu’à Bedous, constituent les premières étapes d’une réouverture complète. Et c’est avec sérénité que nous attendons l’enquête d’utilité publique prévue pour le début de l’année 2026.
Aussi sommes-nous estomaqués de voir se développer une agressive opposition au chemin de fer entre Pau-Canfranc. Il faut d’emblée souligner que ces opposants au rail ne raisonnent, concrètement, ni dans l’espace ni dans le temps des territoires desservis par le rail. Dans l’espace, – si la vallée d’Aspe et son piémont sont concernés, en premier-c’est la totalité des espaces circulés en train qu’il faut prendre en compte. Rouvrir le Canfranc ne consiste pas en un saut de puce par la montagne, mais à assurer fret et passagers sur toutes les échelles de distance en appliquant l’impératif de décarbonation qui s’impose dorénavant : le rail émet 7 fois moins de gaz à effet de serre que la route. Dans le temps, les opposants au rail essayent d’effrayer l’opinion en avançant des chiffrages qui peuvent sembler élevés, or le temps ferroviaire engage les investissements pour le siècle à venir.
Dès lors, les arguments en contre s’avèrent fallacieux à l’analyse et ne présentent aucun intérêt environnemental, social ou économique. Centrés sur le « moi d’abord », soutenus par deux élus qui voudraient bien faire oublier leurs graves erreurs d’aménagement dans la traversée de leurs communes à la veille des élections municipales, noyés dans la fumée des réseaux sociaux et profitant des inquiétudes qui traversent le corps social, les anti-rails ne font qu’obscurcir le débat.
Si le CRELOC propose de larges vues pour une vie harmonieuse des habitants, versant nord comme versant sud des Pyrénées, les anti-rails jouent sur les peurs des gens en suggérant complots et manœuvres ourdis dans quelques funestes desseins. Ne laissons pas hypothéquer par une noria de poids lourds, le bien-vivre, la santé publique et l’environnement de nos territoires : réouvrons au plus vite le chemin de fer Pau-Canfranc-Saragosse.







