Les Etats généraux du rail et de l’intermodalité (EGRIM) lancés par Carole Delga, nouvelle présidente de l’Occitanie, en 2016 constituent l’acte fondateur de la nouvelle région, créée en 2015 par la fusion du Languedoc-Roussillon et de Midi-Pyrénées. Les EGRIM avaient soulevé une vague d’enthousiasme durant 3 mois lors des 37 réunions publiques dans 13 départements avec la participation de 3500 personnes, et le recueil de 13790 questionnaires et 283 contributions collectives.
Il s’agissait d’unifier les deux politiques régionales précédentes pour faire région et aussi de répondre aux nombreux défis du rail dans la nouvelle région. Pour accompagner les EGRIM, un document Rail Occitanie ABCÉDAIRE était mis en place et il contenait des promesses de réouverture de lignes comme Alès-Bessèges, Limoux-Quillan, complétant celles de Rodez-Séverac-le-Château, Montréjeau-Luchon et la ligne Rive droite du Rhône.
La Région n’a pu réouvrir au public que les deux dernières, en prenant en charge leur coût, 67 M€ pour la première et 5 M€ pour la seconde. Quant aux autres projets, Limoux-Quillan et Rodez-Séverac sont officiellement suspendus et le dernier, Alès-Bessèges, cher au vice-président transport, Jean-Luc Gibelin, il fait l’objet de retards.
Les ambitions de l’Occitanie étaient à la hauteur des difficultés à surmonter pour les réouvertures. Elle est devenue la première région à avoir obtenu le transfert de gestion d’une ligne (Montréjeau-Luchon) et dont la fréquentation au bout d’une année dépasse les espérances avec 125 000 voyageurs contre les 60 000 espérés. Mais ce succès risque de rester bien seul car la région n’a plus les moyens budgétaires de ses ambitions.
L’augmentation des péages pour les TER, à laquelle s’ajoute celle des investissements pour la sauvegarde des lignes, compensant le désengagement important de l’État, pénalisent lourdement les engagements ferroviaires de l’Occitanie. Enfin, rappelons que contrairement aux Länder allemands, aux cantons suisses ou aux autonomies espagnoles, les régions françaises ne maîtrisent pas leurs ressources budgétaires, les condamnant au bon vouloir de l’État.
Jean-Pierre Wolff, conseiller national de la Fnaut, responsable de l’édition Le regard de la Fnaut pour La Vie du Rail.







