Pour de nombreux téléspectateurs, il était avant tout une voix. Et un ton, inimitable. François Gall, journaliste, romancier et réalisateur, s’est éteint le 13 juin dernier, à l’âge de 103 ans. Les amoureux des grands voyages ferroviaires lui doivent la création de la série documentaire Des trains pas comme les autres.
Né le 9 novembre 1922 à Saint-Germain-en-Laye, François Gall s’engage dans la Résistance pendant la Seconde Guerre mondiale. Fait prisonnier, il parvient à s’échapper de sa prison berlinoise et rejoint Paris pour participer à la libération de la capitale.
Après la guerre, il devient reporter de guerre, couvrant notamment la guerre en Indochine. Puis, il exerce son métier de journaliste auprès des grandes agences de presse internationales (AFP, Reuter, United Press) et pour des journaux comme France-Soir et Le Figaro. Il écrit à quatre mains avec son frère Jacques plusieurs romans (Les invités du tour du monde, Un médecin dans la nuit, Alba, l’or et l’amour, etc.).
Avec son frère, il a également écrit le scénario de la bande dessinée « 13, rue de l’Espoir », publiée en feuilleton de 1959 à 1972 dans France-Soir. François Gall et Bernard d’Arbrigeon créent en 1987 l’émission Des trains pas comme les autres. A l’époque, pas de présentateur, mais une voix off qui a marqué les amateurs de voyages en train.
De documentaire en documentaire, François Galle a esquissé une ethnologie du voyage ferroviaire. Syrie, Jordanie, Chine, Vietnam, Union Soviétique, Turquie, Pérou, Egypte, Mexique ou encore Australie : il a parcouru le réseau mondial pour le plus grand plaisir des spectateurs jusqu’en 2008.
Quand France Télévision décide de relancer le programme, la chaîne fait appel au journaliste Philippe Gougler pour moderniser la série documentaire. Elle entame cet été sa 16e saison (voir page 22).
Le journaliste a partagé son émotion sur les réseaux sociaux : « Je garderai toujours en mémoire ses conseils, son regard bienveillant et le plaisir que j’ai eu à le croiser tout au long du voyage. »
Interrogé par un journaliste du Monde en juillet 1991 à l’occasion de la diffusion de nouveaux épisodes de la série, François Gall clame son amour du train, qui est aussi l’amour de l’altérité, dessinant une éthique du voyage.
« L’homme moderne voyage en chemin de fer. Pas celui qui se déplace pour ses affaires, certes, mais celui qui veut voir, savoir, sentir. Le train permet aux gens de se rencontrer, de se parler… Ces heures pendant lesquelles on n’a rien d’autre à faire que de se laisser conduire rendent l’esprit disponible et favorisent l’instauration d’une certaine complicité entre l’autochtone et l’étranger. »







