Dans l’Isère, grâce au soutien du département et de la commune de Saint-Georges-de-Commiers, le projet de valorisation du patrimoine industriel imaginé par l’association Les Rails du Drac est sur la bonne voie.
Des bénévoles de l’association Les Rails du Drac à l’œuvre pour peindre les éléments d’un wagon plat de 1930 restauré par leurs soins.
Le département de l’Isère a racheté le site à l’État
C’est (enfin) acté. Le département de l’Isère investit 950 000 € dans des travaux de nettoyage et de tri dans l’ancienne gare ferroviaire de Saint-Georges-de-Commiers près de Grenoble, dans la partie aval de la ligne de chemin de fer (lire LVDR n° 4014). De quoi sécuriser après des années d’incertitude, avec également le soutien de la commune, le projet de l’association Les Rails du Drac (du nom de la vallée où elle est située) qui consiste à sauvegarder et valoriser un patrimoine exceptionnel, issu de l’ancien Chemin de fer de la Mure. Pour cela, il a fallu en passer par plusieurs étapes.
À l’origine propriété de l’État, le site de 7 hectares a été racheté par la commune de Saint-Georges-de-Commiers en décembre 2025. « Plusieurs éléments bâtis sont répartis sur le site : le bâtiment voyageurs, les ateliers, le dépôt, les machines-outils… c’est tout un ensemble qui présente un réel intérêt en termes de patrimoine industriel, et pas uniquement lors des Journées du patrimoine de septembre. Au-delà de ces deux journées, l’idée est de permettre au public de découvrir cette partie de l’histoire du territoire », souligne Rémi Boujard, un passionné d’histoire locale et de patrimoine, nouveau président des Rails du Drac, qui a succédé à Pierre Lang. Dans le cadre de la vente, le département s’est engagé à faire les travaux de nettoyage et de tri. « Notre volonté commune est la valorisation patrimoniale de ce site », affirmait alors Sandrine Martin-Grand, vice-présidente du département en charge de l’équité territoriale. « Nous avons réalisé l’inventaire de tout ce qui avait vocation à être conservé, valorisé ou détruit. Nous sommes passés par un appel d’offres parce que cela concerne une centaine de véhicules ferroviaires, des machines-outils et des pièces détachées dans un état de plus ou moins bonne conservation. »
En lien avec l’association Les Rails du Drac et avec le département, la commune a réaffirmé son souhait de valoriser le site, notamment en exposant une partie des machines-outils, des équipements, des outils, des fraiseuses, des presses encore fonctionnels et du matériel roulant historique.
Par ailleurs, le département de l’Isère avait également investi 300 000 € dans la sécurisation de bâtiments de l’ancienne gare et dans la démolition en 2025 du bâtiment dit wagonnage, dont la structure était trop affaiblie et qui ne présentait pas d’intérêt patrimonial particulier.
Plusieurs véhicules ont été cédés à d’autres associations
Tout le travail de déconstruction, de désamiantage, de traitement des déchets et de transport des véhicules vers leur destination finale devait se terminer fin mars pour que l’activité vélorail, lancée en 2025 par la commune pour dynamiser le tourisme local, puisse redémarrer ce printemps.
Le 25 février, les trois acteurs du programme – le département, la commune et Les Rails du Drac – ont fait le point sur l’avancement du projet. Une partie des véhicules a été transférée sur la partie haute de la ligne du Petit train de La Mure pour être exploitée ou exposée en statique par Edeis, l’exploitant du Train de la Mure, train touristique, sur la partie haute de la ligne, 21 ont été cédés à l’euro symbolique à diverses associations ferroviaires françaises : le Velay Express, le Musée du Temps à Besançon, le Chemin de fer du Vivarais, l’association Astre19 en Corrèze ou encore l’association Sauvegarde et gestion de véhicules anciens (SGVA) qui a récupéré un wagon couvert ex-VFD (un ancien wagon de secours). Et 36 sont mis en dépôt auprès de la commune de Saint-Georges-de-Commiers qui souhaite, une fois qu’ils auront été nettoyés et repeints, les exposer le long du parcours du vélorail.
Unique en France, le dernier tour à reprofiler les essieux à voie métrique
Les bénévoles des Rails du Drac restent très motivés et œuvrent à la remise en état des véhicules pour les mettre en valeur dans le futur musée imaginé par l’association. Cela fait l’objet d’une convention signée le 11 mars avec la commune pour une durée de quinze ans. « Actuellement, un seul de nos véhicules est classé monument historique, c’est le chasse-neige rotatif issu du train de Saint-Gervais-Vallorcine », explique Rémi Boujard. « Pour le reste, nous avons des wagons de différents types et de différentes époques, une locomotive Sécheron des années 1930, une draisine Decauville restaurée, une automotrice, un locotracteur Berliet à voie métrique. »
S’y ajoutent des machines-outils et surtout une pièce exceptionnelle : le dernier tour à reprofiler les essieux à voie métrique disponible en France. Car le but est bien de redonner de la vie « industrielle » au site en remettant en route les équipements et les machines-outils. Les trains touristiques qui ont besoin de faire reprofiler leurs essieux doivent s’adresser le plus souvent à des entreprises spécialisées en Suisse. Or cette prestation technique pourrait être de nouveau proposée à Saint-Georges-de-Commiers. L’association compte actuellement 80 membres. « On peut nous rejoindre en choisissant parmi deux formules : devenir membre actif moyennant une cotisation de 25 €/an avec participation aux activités qu’elles soient de type administratif ou de terrain, ou bien être membre sympathisant (45 €/an) sans obligation de participer aux activités. La fréquence des séances de travail est de deux jours dans la semaine, plus les samedis », indique Rémi Boujard.
Contact : Les Rails du Drac, 07 49 97 21 23, asso-rdd@outlook.fr, www.lesrailsdudrac.fr







