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L'un des quinze dessins qui illustrent cette nouvelle édition du Trimard.

L'un des quinze dessins qui illustrent cette nouvelle édition du Trimard. © Simon Roussin

Récit. Dans Le Trimard, le voyage initiatique de Jack London suit les voies ferrées

29 avril 2026
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Par : Samuel Delziani

Sorti en librairie le 16 avril dernier, Le Trimard de Jack London a été réédité par Gallimard dans sa collection « Le sentiment géographique ». Cette édition, illustrée de quinze dessins inédits signés Simon Roussin, offre une nouvelle occasion de découvrir ce texte fondateur.

À vide de grands espaces et de liberté

Le jeune Jack London rejoint la grande confrérie du Trimard. Les trimardeurs — aussi appelés hobos — sont ces vagabonds qui arpentent les États-Unis à la recherche d’un emploi saisonnier ou d’un peu d’aventure, empruntant clandestinement les trains de fret.

En 1894, à seulement 18 ans, Jack London s’élance le long des voies ferrées des États-Unis et du Canada. Il y découvre une Amérique des laissés-pour-compte, un univers de violence, mais aussi de liberté absolue. « Un nouveau monde s’ouvrait devant moi, un monde d’essieux, de wagons à bagages, de pullmans à glissière, de policiers, vaches, cognes, mecs de la raille et autres condés. Tout cela s’appelait l’aventure. Parfait ! Je tâterais, moi aussi, de cette vie-là. »

Jack London nous plonge dans ce monde mystérieux, avec son langage, ses codes et ses légendes. Il apprend au lecteur à « faire sauter » les portes coulissantes des wagons, à « brûler le dur ».

L’armée industrielle du général Kelly

Le jeune trimardeur rejoint un temps « l’armée industrielle du général Kelly », ces milliers de chômeurs qui, en 1894, accomplissent la longue marche jusqu’à Washington pour protester contre le sous-emploi et la crise économique.

Jack London se joint au mouvement, tout en restant résolument libre et indépendant. À l’époque, il rédige un journal qui servira, treize ans plus tard, de base à ce récit. Cette épopée passe par la case prison. Certaines villes ne tolèrent pas la présence des vagabonds ni la mendicité dans leurs rues. Incarcéré, le jeune écrivain apprend aussi à se débrouiller en milieu carcéral.

Un texte fondateur

Le Trimard (parfois traduit sous les titres La Route ou Les Vagabonds du rail) se redécouvre avec cette nouvelle édition de la collection « Le sentiment géographique » chez Gallimard. Illustrée par quinze dessins de Simon Roussin, elle invite à (re)découvrir ce voyage initiatique de l’écrivain américain.

Ce texte exprime l’envie de voyager, le code éthique des vagabonds, le refus du travail quotidien et la construction d’une identité propre, forgée de train en train.

Les relations avec les cheminots sont souvent houleuses : dans les gares de triage, les vagabonds sont délogés, parfois violemment. Les voyageurs clandestins, les cheminots et les forces de l’ordre jouent une grande partie de cache-cache.

Le Trimard de Jack London, traduit de l’Anglais par Marc Chénetier. Dessins de Simon Roussin. Gallimard – Le sentiment géographique. (2026) Prix : 22 euros.



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