Alors que nos amis britanniques célèbrent les 30 ans du Railway Heritage Act (RHA), le Science Museum Group appelle le public à se prononcer sur le patrimoine ferroviaire à préserver dans le futur.
Le 18 septembre 1996, le Railway Heritage Act (RHA) est promulgué par le Parlement britannique afin de préserver le patrimoine ferroviaire du pays, alors que British Rail est en passe d’être privatisé. On s’inquiète alors de la disparition future de matériels, d’installations et de documents dont l’importance historique est avérée. Le RHA a instauré un système de « désignation » qui permet d’identifier un matériel ou un objet encore en service sur le réseau, afin qu’il puisse ensuite être conservé par un musée ou un chemin de fer historique. Trente ans après, cette loi a permis de sélectionner 1 000 objets et de sauver ainsi de nombreux trésors patrimoniaux.
Dans les années 1960, les automotrices électriques de classe 303 ont remplacé les trains à vapeur à Glasgow. Elles sont rapidement devenues un élément familier du quotidien des usagers. En novembre 1996, le Railway Heritage Committee (RHC) a désigné l’ensemble des 50 unités restantes. Une rame représentative a été choisie pour être préservée. Elle est aujourd’hui entretenue par la Scottish Railway Preservation Society.
Autre exemple, après l’invasion en 2022 de l’Ukraine par la Russie, l’opérateur de fret GB Railfreight a baptisé la locomotive 66708 « Gloire à l’Ukraine » et l’a peinte en jaune et bleu, les couleurs du drapeau ukrainien. La machine circule toujours et tracte des trains de marchandises. En septembre 2022, sa plaque nominative a été désignée afin de garder la mémoire de cette terrible guerre.
Autorail Diesel de 1934 du Great Western Railway. © Science Museum Group
Enfin, l’horloge de la gare de Carnforth n’est pas seulement appréciée des amateurs de patrimoine ferroviaire, elle est également prisée des cinéphiles ! Tourné dans la petite gare du Lancashire en 1945, Brève rencontre raconte, dans l’atmosphère brumeuse d’une gare de la banlieue de Londres, l’amour impossible d’une femme mariée et d’un médecin. L’horloge, omniprésente dans le film de David Lean, a disparu dans les années 1980. Retrouvée et réparée par un habitant, elle a été désignée en 2000, soigneusement rénovée, puis réinstallée en 2002. Elle contribue aujourd’hui à l’attrait de la gare auprès des amateurs du film.
Le Science Museum Group (institution qui regroupe cinq musées, dont le National Railway Museum de York, et qui gère depuis 2013 ce processus de sélection) appelle aujourd’hui le public à s’investir dans ce combat pour sauver le patrimoine ferroviaire du pays. Pour proposer un objet, il suffit d’écrire à smgrailheritage@sciencemuseum.ac.uk.







