« Dimanche 18 juin 1961, peu avant 12h00, le Strasbourg-Paris s’apprête à quitter la gare de Strasbourg. (…) Sur le quai, la longue file de voitures vertes luit sous la verrière traversée par les éclats du soleil de ce début d’été. »
Ce nouvel épisode de la série documentaire Affaires sensibles, diffusée sur France Inter, commence comme une journée idyllique de départ en vacances. Fabice Drouelle raconte pourtant une terrible histoire.
À bord du rapide voyagent des familles, des enfants en partance pour les vacances, des apprentis de la SNCF, mais également des appelés du contingent qui remplissent le train tout au long du parcours. « La guerre d’Algérie remplit les trains de jeunes gens en uniforme. »
Alors que le convoi dépasse Vitry-le-François, le train rapide n° 12 Strasbourg-Paris déraille non loin du village de Blacy. Le déraillement est provoqué par une bombe placée sous un rail, qui explose au passage du train. Après le fracas, le convoi s’immobilise :
« Dans les compartiments éventrés, une fumée légère flotte dans l’air. On entend des gémissements, des voix qui appellent à l’aide… »
Rapidement, les premiers secours arrivent sur place. La solidarité s’organise et les blessés sont pris en charge. Mais le bilan est lourd : 28 morts et 170 blessés. Cet attentat fut longtemps le plus meurtrier de l’histoire de France.
Plusieurs hypothèses sont d’abord avancées avant que la thèse de l’attentat n’émerge rapidement. Le contexte politique est pesant : après l’échec du putsch des généraux, l’Organisation armée secrète (OAS) se lance dans une terrible campagne d’attentats.
Afin d’éclairer les auditeurs, Patrice Drouelle a invité le journaliste et historien Pierre Abramovici, auteur en 2016 d’une enquête sur cet attentat publiée dans la revue Sang-Froid. Celui-ci revient notamment sur la gestion politique de cet événement, longtemps occulté.
En podcast sur France Inter. Affaires sensibles – L’attentat OAS de Vitry-le-François







