Arte diffuse ce lundi Le Brigand bien-aimé, un western élégiaque qui mythifie Jesse James, le célèbre hors-la-loi de l’Ouest américain. Le film désigne les compagnies ferroviaires comme les fossoyeuses d’une Amérique idéale, celle des pionniers et des fermiers.
Deu après la fin de la guerre de Sécession, la conquête de l’Ouest bat son plein. Précédés par les pionniers qui ont défriché les terres, les chemins de fer se développent, notamment à travers le Missouri. La Saint Louis Midlands Railroad s’empare des terres agricoles à des prix dérisoires. Ses agents recourent à l’intimidation et à la violence pour parvenir à leurs fins. Barshee, chargé des basses œuvres de la compagnie, tente ainsi de contraindre la mère des frères James à céder sa propriété. Frank (Henry Fonda) intervient et le frappe. Quand Barshee s’empare d’une faux pour répliquer, Jesse (Tyrone Power) lui tire dessus, le blessant à la main. Barshee revient alors que les deux frères sont absents et lance une grenade dans la petite maison, blessant mortellement la vieille dame. À leur retour, les frères apprennent la mort de leur mère : leur destin bascule. Jesse abat Barshee dans le saloon de la ville. Désormais recherchés, Frank et Jesse prennent le maquis ; leur carrière de hors-la-loi est lancée.
Pourchassés par McCoy, le patron sans foi ni loi de la compagnie ferroviaire, les frères James fédèrent une bande et s’attaquent aux convois de la compagnie.
Trois ans plus tard, avec 5 000 dollars de prime sur la tête, Jesse épouse Zee (Nancy Kelly), la nièce du major Cobb (Henry Hull), rédacteur en chef de la gazette locale, qui manie les éditoriaux comme d’autres leur pistolet. Convaincu par sa femme, Jesse se rend au maréchal Will Wright (Randolph Scott) en échange de la promesse d’une peine allégée. Mais McCoy revient sur sa parole : le juge est écarté, remplacé par un magistrat corrompu. Jesse réalise qu’il a été piégé, mais Frank jure de le libérer…
Le Jesse James d’Henry King est idéalisé, une sorte de Robin des Bois de l’Ouest bien éloigné du Jesse James des historiens. Ici, il incarne cette paysannerie victime de l’avidité des puissants et de la corruption des élites. Plutôt que d’associer le train au progrès, le film en fait une menace. Mais Henry King explore aussi l’effet de la violence sur son héros, qui devient progressivement une bête sauvage. Zee l’avait pourtant prévenu :
« Tu te considères comme un héros, et tu l’es aux yeux des autres. C’est un combat que les chemins de fer ont commencé. Mais ça ne va pas durer, Jessie. Plus tu seras chanceux, pire ce sera. Les meurtres et les vols vont t’envahir. Plus tu seras comme un loup, et ce sera dans ta nature. »
Lundi 11 mai à 20 h 55 sur Arte.
Le Brigand bien aimé (Jesse James) de Henry King et Irving Cummins. Twentieth Century Fox. États-Unis. (1939)







