Raymond Pinsard (Jean Gabin) est un cheminot consciencieux. Mécanicien de son état, il ne badine pas avec la sécurité et bichonne sa locomotive à vapeur. Quand il débauche, il fréquente le café du coin où il joue au billard avec ses copains et flirte avec Simone (Marthe Mercadier). Il vit avec sa mère, sa sœur et son beau-frère et, insouciant, il profite pleinement de sa vie de célibataire.
Mais, alors qu’il est aux commandes de sa locomotive, un jet de vapeur brûle grièvement son chauffeur. En tentant de sauver la vie de son collègue, il est blessé aux yeux et perd la vue. Persuadé qu’il va recouvrer la vue dans quelques mois grâce à une opération, il vit sa cécité comme un désagrément passager. Il refuse d’accepter sa nouvelle condition et devient progressivement invivable. Sa famille le pousse alors à se prendre en main. Sœur Gabrielle (Suzanne Dehelly), directrice d’un centre de rééducation pour aveugles, et sa mère mettent en place un stratagème pour l’attirer dans la structure d’aide. Le cheminot rencontre ainsi Lionel Moreau (Gérard Oury), un réparateur radio aveugle investi dans le centre. Un événement déterminant. Raymond accepte de s’initier à la réparation de postes de radio. Il finit même par se rendre à un cours de braille assuré par Louise Louveau (Simone Valère), une jeune enseignante aveugle qui ne laisse pas l’ancien mécano indifférent…
Cette comédie romantique signée Georges Lacombe a connu à sa sortie dans les salles obscures en 1951 un succès critique et populaire. De l’insouciance au déni, en passant par la colère et le désespoir, Jean Gabin y exploite toute sa palette de jeu. L’acteur remporte d’ailleurs en 1951 le prix d’interprétation à la Mostra de Venise pour ce rôle de cheminot brisé par le travail, sauvé par l’amour.
A voir sur Arte.tv. La nuit est mon royaume de Georges Lacombe. Les Productions Cinématographiques (L.P.C.)







