Direction la gare de Dijon ce mercredi dans Invitation au voyage, avec un reportage sur un lieu aujourd’hui disparu. Cent ans plus tôt, il offrait aux poilus en permission un havre de paix, chaleureux et réconfortant.
L’historien Dimitri Vouzelle revient sur cette histoire méconnue de la Première Guerre mondiale. Les états-majors des deux camps pensaient que la guerre serait courte, et les soldats devaient donc rester au combat. Mais après quelques contre-offensives catastrophiques, les armées décident de s’enterrer sur la ligne de front. Le conflit est parti pour durer. Progressivement, on comprend que les permissions, permettant aux soldats de souffler un peu loin des tranchées, doivent devenir la norme. Jusqu’alors octroyées avec parcimonie, elles récompensaient un acte de grande bravoure. À partir de 1915, elles se généralisent progressivement. Mais pour les permissionnaires, rien n’est prévu. Certains doivent accomplir de longs périples ferroviaires pour retrouver leur foyer. Souvent, ils errent entre deux trains, sans rien à boire ni à manger.
À Dijon, plus de 10 000 permissionnaires transitaient par la gare chaque jour. Une salle d’attente avait ouvert ses portes mais était sous-dimensionnée. Un important industriel local, Lucien Richard, décide alors de mobiliser ses réseaux à la Chambre de commerce afin de soutenir les permissionnaires et leur offrir un lieu où se restaurer et se reposer. Mise en place par l’Office central de secours aux blessés, avec le concours de la mairie, de l’autorité militaire et de la compagnie PLM, la cantine des permissionnaires ouvre ses portes en avril 1916 dans un entrepôt ferroviaire. Rapidement surnommée « Poilu Palace », elle offre une parenthèse salvatrice avec un bon café, un bol de soupe fumante et, surtout, la paix de « l’arrière ».
Mercredi 16 septembre à 17 h 25 sur Arte. Invitation au voyage – À Dijon, on régale les poilus. ARTE France, Éléphant Doc. (2026)







