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L'auteur, Hervé Joly, directeur de recherche CNRS en histoire contemporaine

L'auteur, Hervé Joly, directeur de recherche CNRS en histoire contemporaine © Christian Dury, CNRS, MSH Lyon St-Etienne

Histoire. Les transports à l’heure de l’occupation allemande

14 août 2026
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Par : Samuel DELZIANI

Avec son ouvrage Se déplacer malgré tout, Hervé Joly nous plonge dans la France de 1940 à 1944, à l’heure de l’occupation allemande, à travers les problématiques de transport et de mobilité. Il y revient notamment sur le rôle central du chemin de fer.

Alors que l’armée française dépose les armes en juin 1940, l’occupation du pays entraîne une perturbation majeure des transports sur l’ensemble du territoire. Dans Se déplacer malgré tout, Hervé Joly brosse le portrait d’une France qui s’adapte tant bien que mal. Les obstacles sont d’abord d’ordre géopolitique. Les conventions d’armistice, particulièrement drastiques pour le pays vaincu, divisent notamment le territoire en deux zones distinctes.

Mais c’est surtout la pénurie de carburants, liquides en particulier, qui bouleverse les habitudes de déplacement des Français. Importatrice de la totalité de son pétrole – dont l’usage s’est généralisé pendant l’entre-deux-guerres –, la France voit ses réservoirs s’assécher brusquement avec l’interruption des approvisionnements extérieurs. L’usage de l’automobile, de l’autobus, de l’autocar, de l’autorail ferroviaire, des paquebots et de l’aviation est profondément remis en cause. Le vélo devient la norme pour les petits trajets du quotidien, mais c’est le train à vapeur qui s’impose comme la solution de repli pour de nombreux Français souhaitant parcourir de longues distances. En conséquence, ceux-ci sont bondés et les conditions de voyage se dégradent fortement.

Si des restrictions existent pour le charbon, dont la SNCF est une grande consommatrice, la France dispose encore, sous l’Occupation, d’environ deux tiers de sa consommation d’avant-guerre. Cependant, la compagnie ferroviaire, considérée comme un service public prioritaire, bénéficie d’attributions privilégiées.

Hervé Joly revient également sur la résilience du chemin de fer français :

« Le réseau voyageurs de la SNCF se retrouve ainsi à son plus bas niveau historique après la défaite, […]. Mais, dans son rapport annuel, la SNCF annonce que, au 31 décembre, la France a presque intégralement retrouvé le réseau ferroviaire indispensable à la vie de son économie. » Pourtant, la compagnie ferroviaire subit de nombreuses contraintes pour assurer les circulations et limite fortement leur nombre.

Hervé Joly s’est penché sur toutes sortes de déplacements : tournées d’artistes, de dirigeants politiques, de journalistes en reportage, de forces de l’ordre ou encore de sportifs. Ainsi, pendant l’Occupation, la plupart des championnats et des compétitions se poursuivent…

Se déplacer malgré tout – Transports et mobilités dans la France occupée (1940-1944) d’Hervé Joly. Courant Histoire Eco. Droz. (2026) Prix: 29 euros.



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