À Montmarault, les bénévoles du Chemin de fer de l’Allier ont entrepris la restauration complète d’un authentique autorail De Dion-Bouton des années 1930.
Fondé en 2013, le Chemin de fer de l’Allier (CFA) est une association qui a pour but d’étudier l’histoire du chemin de fer dans le département de l’Allier, ainsi que la préservation et la restauration de matériel ferroviaire ancien. « A Montmarault, nous avons la chance d’être installés dans un ancien atelier de mécano-soudure, dont la superficie de 4 000 m² est totalement adaptée à notre activité. Clin d’œil du destin, cet atelier avait été bâti sur le site du Tacot d’autrefois ! Le bâtiment appartient à la municipalité », explique Philippe Loubens, trésorier de l’association. Sa compagne, Jocelyne Hermant, est la présidente du CFA.
« Tout est parti de la restauration d’une automotive De Dion-Bouton ND 201 de 1935, issue des Chemins de fer départementaux de Lozère. Le véhicule a été retiré du service en 1968 », explique Philippe, trésorier de l’association. Par la suite, il sera utilisé à des fins commerciales, puis touristiques par le réseau du Velay Express jusqu’à ce qu’une avarie mécanique provoque son remisage définitif.
Un chantier de longue haleine
Le CFA le rachète en 2008 et le récupère en 2010. Le véhicule est alors à l’état d’épave, rongé par la rouille, dégradé par des actes de vandalisme…
« Nous avons commencé à le restaurer en 2012. C’est un chantier de longue haleine : plus de 4 000 heures de travail ont été consacrées à redresser le châssis, démonter le pont moteur et le refaire à 100 %, remonter le système de retournement, sabler et repeindre le châssis, remonter le bogie porteur… »
Un nouveau moteur diesel a été mis en place. « C’est un Berliet, plus puissant que celui d’origine car l’automotrice doit pouvoir tracter sa remorque De Dion-Bouton R1 de 1935 et la remorque messagerie De Dion Bouton NF62 », indique Philippe Loubens.
« Naturellement, il reste beaucoup à faire : menuiserie, sellerie, mécanique, tableau de bord à refaire à l’identique… Mais nous espérons être prêts d’ici deux ans maximum pour l’inauguration. »
Plus de cinquante trésors ferroviaires
Le musée compte une cinquantaine de pièces (de 1870 à 1939), dont une vingtaine sont classés monuments historiques.
On peut notamment admirer une Cail 030 (surnommée Lucienne), la plus ancienne locomotive à vapeur à voie métrique de France (1881), une voiture De Dietrich à trois essieux (1906), une rame artillerie lourde sur voie ferrée (ALVF), qui fut utilisée sur le front lors de la Première Guerre mondiale.
Les bénévoles du CFA s’emploient aussi à organiser tous les deux ans la Foire du Tacot. Dans cette commune de 1 500 habitants, située à 30 km de Montluçon, l’événement attire environ 15 000 visiteurs.
« C’est un vrai plus pour l’économie locale. Ça booste les hôtels, les restaurants… », indique Philippe Loubens.
La prochaine édition aura lieu en 2027.
Rens. : 06 40 09 95 98.







