En Picardie, le train historique de l’Appeva circule sur une portion de la ligne en voie étroite qui fut construite en 1916 pour approvisionner le front de la bataille de la Somme pendant la Première Guerre mondiale. Un triple anniversaire sera fêté lors du prochain week-end de l’Ascension : les 55 ans de l’association, les 30 ans de son Musée des chemins de fer à voie étroite et les 110 ans de la ligne.
Un camp militaire de 14-18 reconstitué
La gare de départ se trouve au lieu-dit Froissy, à La Neuville-les-Bray. L’exploitation du train touristique est assurée par l’Association picarde pour la préservation et l’entretien des véhicules anciens (Appeva). Celle-ci compte actuellement 250 adhérents. Parmi eux, une trentaine consacre leurs week-ends à restaurer et entretenir les véhicules anciens. Parmi les chantiers en cours, la construction de plusieurs voitures voyageurs, dont l’une adaptée aux PMR, et d’un fourgon. Pour tous, la caisse est entièrement faite en bois. « Nous contribuons à sauvegarder une partie du patrimoine de notre région, c’est important à nos yeux », souligne David Blondin.
Des balades en train à vapeur
Le programme de ce triple anniversaire est copieux. Les bénévoles assureront de nombreuses circulations de trains de voyageurs pour que les visiteurs, installés sur les banquettes en bois, fassent une promenade sur la ligne : 7 kilomètres de balade à travers l’Histoire et les champs avec, en prime, une vue imprenable sur la vallée de la Somme. Il y aura aussi des trains de marchandises formés avec des wagons historiques. « Nous avons prévu deux rames de trains de marchandises. Les wagons, qui datent de la guerre de 14-18, servaient autrefois à transporter de quoi approvisionner le front. Le train pouvait transporter chaque jour jusqu’à 1500 tonnes de matériel et de munitions », précise David Blondin.
Le 14 mai, une visite immersive sur la logistique pendant la guerre de 14-18
Le public pourra admirer le matériel roulant de l’Appeva : la 040 T Vulcan de 1925, la 030 T Decauville de 1916, la 040 T Borsig de 1918, le locotracteur Coferna de 1941. On pourra aussi découvrir des locomotives à vapeur invitées, venant d’autres réseaux touristiques de France, de Berlin en Allemagne, ainsi que la locomotive du Leighton Buzzard Railway en Angleterre, avec lequel le P’tit train de la Haute Somme est jumelé depuis de nombreuses années. Le programme inclut également la reconstitution d’un campement militaire de la Première Guerre mondiale, une grande exposition de modélisme, un rassemblement de tracteurs agricoles anciens.
Le musée abrite une trentaine de véhicules
Le musée, qui fête donc ses 30 ans, ouvrira ses portes en grand pour que le public puisse admirer les collections de matériel ferroviaire rassemblées par l’Appeva et patiemment restaurées par les bénévoles. Une vingtaine d’engins moteurs (des locomotives à vapeur et des locotracteurs diesel) et vingt-cinq wagons de différents types sont exposés dans le hall principal et la rotonde sur une superficie totale de 1800 m².
Le musée, divisé en plusieurs secteurs, présente les chemins de fer militaires, les chemins de fer industriels et les locomotives en service sur le train touristique. « Chaque véhicule – locomotive à vapeur ou locotracteur – est présenté, dans la mesure du possible, avec un ou plusieurs wagons afin de recréer une rame témoin de leur utilisation antérieure », explique David Blondin. Au fil de la visite, des panneaux explicatifs en trois langues (français, anglais et allemand) évoquent l’histoire des chemins de fer à voie étroite, depuis leur développement à partir de 1880 jusqu’à leur utilisation actuelle sur la ligne du P’tit train de la Haute Somme. On y apprend aussi comment le chemin de fer fut utilisé pendant la Première Guerre mondiale, puis employé pour la reconstruction des nombreux villages détruits lors du conflit avant d’être ensuite récupéré par des industries privées : sucreries, briqueteries, mines…
Renseignements et réservations : www.petittrainhautesomme.fr







