Pendant l’hiver, les bénévoles des trains touristiques membres de l’Unecto, fédération des chemins de fer touristiques et des musées à caractère ferroviaire de France, ne sont pas désœuvrés, loin de là. En coulisses, d’importants travaux sur les infrastructures ou le matériel des différents réseaux sont effectués afin de préparer la prochaine saison.
La voiture restaurant Orient-Express du Coni’fer a bénéficié d’un chantier d’ampleur afin d’être prête à accueillir des convives en avril prochain.
La rénovation de la voiture restaurant Orient-Express
Dans le Doubs, près de la frontière suisse, le Coni’fer, Chemin de fer touristique Pontarlier – Vallorbe, a engagé un chantier d’envergure sur sa voiture restaurant Orient-Express CIWL, arrivée dans l’association en 2013. La toiture montrait des signes de faiblesse : plusieurs tôles sont remplacées, avec également des travaux de carrosserie et chaudronnerie. L’ensemble des cheminées et ventilations doit être déposé et restauré. Après peinture et sablage complet de la toiture, la voiture pourra accueillir dès avril prochain des passagers lors de trains restaurants qui connaissent un réel succès.
Par ailleurs, l’association poursuit ses travaux de prolongement de voie en direction de Pontarlier. À ce jour, 2 km de voie ont été posés au-delà du terminus de Fontaine-Ronde (actuellement, les trains circulent entre Les Hôpitaux-Neufs et Fontaine-Ronde). À l’automne 2025, les bénévoles ont procédé au nettoyage complet de la falaise sur une zone d’environ 700 m de long et 100 m de large afin de sécuriser la suite du tracé. Plusieurs dizaines d’arbres ont été abattus et plusieurs centaines de m³ de roche ont été évacués pour stabiliser la paroi. Le terrain a ensuite été remblayé et profilé afin de conserver au plus près le profil de l’ancienne voie. L’association espère poser 1 km de voie supplémentaire cette année, avant la mise en place d’un passage à niveau gardé. Il resterait alors environ 3 km avant l’arrivée au château de Joux (Doubs), l’objectif de l’association.
Carrosserie, électricité, peinture
Dans les Alpes-de-Haute-Provence, au Groupe d’Etude pour les Chemins de fer de Provence (GECP) qui exploite le Train des Pignes, les travaux d’hiver se sont concentrés sur la remorque Billard Provence RL3 de 1959. Depuis octobre 2025, toute l’équipe de bénévoles s’est retroussé les manches. Le gros œuvre de la carrosserie a été réalisé (remplacement de tôles rouillées, traitement de la rouille, réparation des portes), ainsi que quelques réparations comme les tampons, certains cadres de fenêtres ou sur les parois intérieures. L’installation électrique a été refaite pour être compatible avec les engins de traction. Le sol a été reposé, des contrôles ont été effectués sur les bogies, le châssis et le système de freinage. Il reste à terminer l’habillage intérieur avec la peinture, la finition du sol, la remise en place des banquettes, puis la peinture extérieure pour une remise en service dès avril et la reprise des circulations avec l’autorail Renault ZZ6.
Des travaux de voie malgré la neige
En Picardie, dans l’Oise, la neige n’a pas arrêté les bénévoles du Train à Vapeur du Beauvaisis et du Musée des Tramways à Vapeur et Secondaires (MTVS) ! Début janvier, ils ont préparé la construction d’un passage à niveau à Blicourt : ils ont retiré le ballast puis nivelé le terrain sur environ 40 centimètres de hauteur pour abaisser la voie ferrée afin qu’elle arrive au ras du bitume. La voie va ainsi être prolongée de plusieurs centaines de mètres. L’exploitation, qui reprendra début avril, reste concentrée entre la gare de Crèvecœur et la halte de Rotangy (4 km), mais les bénévoles ont déjà posé au total 3,3 km de voie depuis Rotangy : il reste encore 1,7 kilomètre à poser pour atteindre la gare d’Oudeuil. L’ouverture de la nouvelle section de voie est prévue pour 2028.
À Dijon (Côte-d’Or), l’Association de sauvegarde d’une BB 25500 (AS BB-25500) est hébergée par Technis, filiale du groupe SNCF. « Lors de notre Train des Hirondelles fin 2025, utilisant la rame voyageurs RRR26 d’une association amie, Le Train à vapeur d’Auvergne, un incident est survenu : trois essieux devaient être changés », raconte Benoît Girardot, vice-président. Ce fut chose faite pour deux d’entre eux fin janvier, au technicentre SNCF Bourgogne-Franche-Comté à Dijon, à l’aide d’un vérin en fosse. Pour le troisième, l’opération est en cours à Nîmes au technicentre industriel Nevers-Languedoc. L’expédition sur Dijon est prévue pour avril. Les bénévoles pourront alors éliminer les tags présents sur la voiture, des dégradations dues à un stationnement prolongé à l’extérieur.
« L’implication des bénévoles des trains touristiques membres de l’Unecto est permanente », salue Claude Steinmetz, président de l’Unecto. « Ils orchestrent bien sûr les circulations ferroviaires principalement pendant le printemps et l’été, permettant à 3,7 millions de visiteurs de découvrir chaque année le patrimoine ferroviaire. Mais au cours de l’hiver, quand les circulations s’espacent, voire s’interrompent, ils mènent des travaux cruciaux pour entretenir et développer les infrastructures mais aussi rénover le matériel. Ce travail de l’ombre est précieux pour préparer la saison touristique. »







