L’émission d’Arte Invitation au voyage emmène ce mercredi le téléspectateur dans les sous-sols de Paris, à l’intérieur de son emblématique réseau de métro. Plusieurs témoins nous éclairent sur la fascinante histoire du transport public.
Ce voyage dans l’histoire du métro parisien débute à bord d’une rame, en compagnie du « croqueur » Nicolas Barberon, qui saisit en quelques traits ses compagnons de voyage. Pensé pour qu’aucun Parisien n’habite à plus de 450 mètres d’une station de métro, le réseau parisien est le plus dense du monde. Offrant un voyage au cœur de la ville, il permet de saisir en partie l’âme de la capitale.
Dans ce nouvel épisode de l’émission Invitation au voyage, diffusé ce mercredi, plusieurs experts racontent l’histoire du métro parisien et analysent sa relation à la cité qu’il dessert.
L’histoire du métro parisien et ses défis
Claire Morillon, historienne chargée du patrimoine au sein du groupe RATP, revient d’abord sur l’histoire des transports publics dans la capitale, avec la création d’un réseau d’omnibus hippomobiles dans la première moitié du XIXe siècle, puis d’un réseau de tramways dans la seconde. Elle explique ensuite les atermoiements des hommes politiques qui s’écharpent sur deux visions antagonistes. En 1895, un projet est enfin choisi et sa mise en œuvre confiée à un ingénieur des Ponts et Chaussées, Fulgence Bienvenüe. En 1900, année d’organisation d’une Exposition universelle et de la deuxième édition des Jeux olympiques modernes, le métro parisien est mis en service — 37 ans après celui de Londres !
La construction s’effectue par les rues, évitant ainsi d’opérer de coûteuses expropriations d’immeubles. En 17 mois, la première ligne de métro est achevée. Avant la Seconde Guerre mondiale, les Parisiens peuvent emprunter jusqu’à 14 lignes.
Le métro pendant l’Occupation
Nous visitons la station « fantôme » Croix-Rouge en compagnie de Jean-Emmanuel Terrier, historien et documentaliste, qui a signé plusieurs ouvrages aux éditions La Vie du rail. Il dépeint la vie du métro à l’époque de l’Occupation. Le rationnement de l’essence et les difficultés de déplacement assurent son succès. En 1941, le métro parisien transporte ainsi un milliard de passagers ! La Résistance utilise ses tunnels pour se déplacer, ainsi que le réseau interne de téléphone. L’historien rappelle également que la voiture de queue était réservée aux voyageurs juifs.
Jean-Marc Hofman, chargé de collection à la Cité de l’architecture et du patrimoine, insiste de son côté sur les peurs irrationnelles des Parisiens concernant le sous-sol de la capitale.
En confiant à l’architecte Hector Guimard, grand représentant de l’Art nouveau, la création des ouvrages pour les entrées de ses stations, la Compagnie du chemin de fer métropolitain (CMP) a, avec ses édicules reprenant les motifs rassurants de la nature, convaincu les futurs usagers de pénétrer dans le nouveau réseau.
Le futur du métro parisien
Vianney Delourme, journaliste culture et cofondateur d’Enlarge pour Paris, se penche sur le futur du métro parisien avec l’avènement du Grand Paris Express et ses 68 nouvelles gares, associant architectes de renom et artistes contemporains. On déambule ainsi dans la belle gare de Saint-Denis Pleyel.
Enfin, Julian Pepinster, agent RATP et auteur de plusieurs ouvrages de référence sur le métro publiés aux éditions La Vie du rail, revient quant à lui sur les grandes grèves de 1995 et sur la capacité de mobilisation des agents de la régie.
A revoir sur arte.tv Invitation au voyage — Paris métamorphosé par le métro. ARTE France, Éléphant Doc. (2026)







