Pierre Philiponeau propose dans Trevithick, génie méconnu d’une incroyable aventure industrielle, une véritable entreprise de réhabilitation. Il met en lumière l’incroyable vie de Richard Trevithick (1771–1833) et de son œuvre qui s’est révélée essentielle à la révolution industrielle. Cet ingénieur des Cornouailles est bien moins célèbre que d’autres pères de la vapeur, comme James Watt ou les Stephenson, père et fils, mais il est pourtant considéré aujourd’hui comme le père de la locomotive à vapeur à haute pression.
Né à Illogan, dans une région minière du sud-ouest de l’Angleterre, il grandit dans ce monde d’innovations constantes qui sera le terreau de la révolution industrielle. Contrairement aux machines de James Watt — qui fonctionnaient à basse pression —, Trevithick conçoit des moteurs à haute pression, beaucoup plus compacts et plus puissants. En 1801, il fait rouler la Puffing Devil, une voiture à vapeur, dans les rues de Camborne : c’est le premier véhicule routier autopropulsé à transporter des passagers.
En 1804, il réalise une avancée historique : sa locomotive tire un train chargé de fer et de passagers sur une dizaine de kilomètres à Penydarren, au Pays de Galles. C’est la première locomotive sur rails à effectuer un trajet utile, ouvrant la voie au chemin de fer moderne. Il n’a cessé toute sa vie d’inventer, de déposer des brevets, de réaliser des expériences sans se soucier des superstitions et des petites mesquineries de ses semblables.
L’ingénieur brillant n’est pas connu pour son sens des affaires. Il ne cessera, tout au long de sa vie, d’échouer à exploiter commercialement ses inventions.
Trevithick n’est pas seulement un ingénieur particulièrement doué, il se révélera également un véritable aventurier. En 1816, il entreprend le long voyage vers l’Amérique du Sud afin de pomper l’eau des mines d’argent au Pérou. Il sera enrôlé de force dans l’armée de Simón Bolívar (pour qui il créera un nouveau fusil). Il fuit le pays, traversant la jungle, manquant même de se faire dévorer par un alligator ! Ruiné, il rentre en Angleterre en 1827. Il meurt dans la pauvreté à Dartford en 1833. Si son héritage est méconnu du grand public, il n’en reste pas moins immense. Ses concepts phares — vapeur haute pression et traction sur rails — ont permis de lancer la révolution ferroviaire du XIXe siècle.
Trevithick, génie méconnu d’une incroyable aventure industrielle de Pierre Philiponeau. Les 3 colonnes. 2025. Prix : 17 euros.







