Dans ce roman historique, nous vivons les dernières semaines avant le déclenchement de la Grande guerre en compagnie de jeunes appelés du contingent venus de Bretagne et de Normandie. À bord du train 3433 à destination de Cherbourg, le terminus est brutal.
« À minuit, en cette nuit chaude et orageuse, Adolf Teigny, le chef de gare, était épuisé. Sur le qui-vive depuis le début de cette longue journée, il avait régulé le passage de neuf trains spéciaux. À cette heure avancée, il ne restait plus que le dernier train, le train 3433, attendu vers 00h36 en provenance de Rennes. Sur sa feuille de service, il était indiqué que cet ensemble de 24 wagons à destination de Cherbourg allait croiser le train 3434, qui, lui, descendait de Cherbourg à vide. L’un des deux devait donc être arrêté pour laisser passer l’autre. La manœuvre n’était pas bien compliquée, puisqu’il y avait une marge de plus de 10 minutes entre les deux convois. »
Cette scène, décrite dans le prologue du roman Le train 3433 pour Cherbourg de François Lequiller, semble d’une banalité courante dans la vie d’un cheminot, pourtant ses conséquences seront lourdes… Ce train « 3433 » part de Rennes le 3 août 1914 au matin pour rejoindre Cherbourg, où se situe la caserne du 1er Régiment d’Infanterie Coloniale.
Mais le récit revient d’abord un an avant cette funeste nuit. À peine sorti de l’enfance, Maximilien Mesnages, jeune bachelier (chose rare à l’époque), est appelé sous les drapeaux. Le service militaire a pour ambition de transformer ces adolescents en adultes. Maximilien rencontre bientôt six camarades qui partageront avec lui cet apprentissage.
Dans la chambre, une solidarité se construit doucement. Chacun hérite d’un surnom. Les jeunes hommes deviennent des frères en accomplissant les rituels des garçons de leur âge. Notre jeune héros a également pour mission d’apprendre à lire et à écrire le français à ses compagnons, notamment au grand Julien, qui ne parle que le gallo, une langue parlée en Haute Bretagne. Il est rejoint dans ces leçons improvisées par d’autres appelés.
Maximilien découvre la fraternité des soldats, mais également l’amour avec la jolie Pauline, fille d’un haut gradé.
Mais bientôt, c’est l’heure de la mobilisation générale. Des plus jeunes soldats jusqu’aux plus hauts gradés, ils sont tous habités par une certitude : la guerre sera courte et la France sera victorieuse… Impossible alors d’imaginer la grande boucherie qui se prépare…
Le train 3433 pour Cherbourg est le 12e roman signé par François Lequiller. Son épouse, Françoise, a signé les belles aquarelles qui ouvrent chaque chapitre. L’auteur s’est inspiré d’une catastrophe ferroviaire bien réelle…
Le train 3433 pour Cherbourg de François Lequiller. Éditions Humussaire. (2026) Prix : 25 euros.







