Un nouveau site internet, très documenté, présente le rôle que joue le chemin de fer, depuis la fin du XIXe siècle, pour le transport de céréales dans le département de la Marne.
Le site, tout récemment mis en ligne, propose une approche documentée du réseau de fret ferroviaire du Sézannais, dans le sud-ouest du département de la Marne, autour notamment de la ligne Oiry – Esternay. Ce territoire, le Sézannais, appartient à l’un des bassins céréaliers importants de la Champagne. Celui-ci est structuré autour de plusieurs coopératives agricoles et d’un réseau de silos répartis sur l’ensemble du sud-ouest marnais.
Relier la Champagne viticole et les zones céréalières à Paris
Tout a commencé à la fin du XIXe siècle. La ligne Gretz-Armainvilliers – Sézanne, achevée en 1885, permettait de relier Sézanne au réseau de Paris-Est et constituait un axe ferroviaire structurant pour les échanges entre la Brie et la Champagne.
Le trafic voyageurs sur la ligne reliant Sézanne à Paris-Est a cessé définitivement le 5 mars 1972. La seconde ligne reliant Oiry – Romilly-sur-Seine a rempli la même fonction, à partir de 1870, entre la Champagne viticole, les zones céréalières et les grands axes ferroviaires nationaux.
Dans la gare de Sézanne, d’importantes installations ferroviaires étaient spécifiquement dédiées au traitement du trafic marchandises. Les voies de service permettaient le chargement de différents types de produits issus du territoire : productions agricoles, céréales, engrais, marchandises liées aux activités économiques locales. Le trafic ferroviaire au départ de Sézanne a été interrompu en 2014.
Un seul train de marchandises remplace plusieurs dizaines de poids lourds
La coopérative Novagrain, issue du rapprochement des coopératives Efigrain-Sézanne et La Champagne, joue aujourd’hui un rôle central dans l’organisation du transport de céréales. Environ 52 000 tonnes de céréales sont expédiées chaque année par rail. Ce volume représente environ 40 trains annuels, soit près de 25 % du trafic de la ligne Oiry – Esternay.
Le transport ferroviaire permet de regrouper en un seul train l’équivalent de plusieurs dizaines de camions. Le train permet de massifier les flux logistiques et de limiter le recours au transport routier sur de longues distances. Après une première opération de remise en état de la ligne en 2018 (renouvellement complet de la voie), un nouveau programme de travaux a été engagé pour la période 2024-2026, pour un coût de près de 30 M€. Il s’agissait de renouveler ponctuellement certains éléments de voie (traverses), de débroussailler le long de l’emprise ferroviaire, de traiter les zones fragilisées de la plateforme (PN 118 à Vindey), de consolider l’infrastructure, l’objectif étant de prolonger l’exploitation de cette ligne capillaire fret.







