Un pont ferroviaire unique en son genre
Il porte plusieurs noms… Certains l’appellent le pont de Cruet, d’autres le pont des Anglais ou encore le pont Victor-Emmanuel. Mais ce pont ferroviaire, construit en 1856 en Savoie par des ingénieurs britanniques pour que les trains puissent franchir l’Isère, est unique. C’est le plus ancien pont ferroviaire métallique de France et l’un des plus anciens d’Europe. Mais aujourd’hui, il est menacé de démolition en raison de son état d’usure au point que le département de la Savoie, propriétaire, préférerait le détruire. « Les études effectuées ces dernières années montrent, d’une part la vétusté et la dangerosité de l’ouvrage, notamment lors d’une crue, d’autre part le coût exorbitant que représenterait sa réhabilitation », justifie le département dans un communiqué. L’État et la Région Auvergne-Rhône-Alpes (Aura) souhaitent le préserver et le faire classer aux monuments historiques, mais de très onéreux travaux de réhabilitation sont nécessaires.
Construction d’avant-garde
La structure métallique du pont en fait un ouvrage « unique au monde » selon l’association Les Amis de Montmélian. « Cet élément du patrimoine industriel est d’origine dans son intégralité. Ce qui fait aussi sa valeur patrimoniale, ce sont les techniques d’avant-garde – fer puddlé, rivetage à chaud – utilisées pour sa construction. Par la suite, Gustave Eiffel s’inspirera de ces procédés pour construire la tour Eiffel », décrit Roger Decker de Cruet, Nature et Patrimoines, une autre association, qui imagine, après restauration, la réouverture du pont à des fins touristiques, pour les piétons et les cyclistes.
En Savoie, le pont de Cruet a été construit en 1856 pour permettre aux trains de franchir l’Isère.
Les membres de Cruet, Nature et Patrimoines, une association mobilisée pour la préservation du pont.
La Savoie propose désormais de l’offrir gracieusement à l’État. À la clé : de 2 à 10 M€ de travaux, selon les devis établis. « Ces devis ne sont pas sérieux. Il faut une estimation sincère des travaux et de l’intérêt de la remise en état pour ouvrir cet ouvrage au public », explique Roger Decker. « Une fois qu’on aura ce chiffre sérieux, on verra s’il est possible de financer le projet. » La Région Aura et le ministère de la Culture veulent préserver le pont de Cruet. Mais à ce jour, ni l’un ni l’autre ne se sont engagés pour financer les travaux.
A.J.-L.
Contact : Cruet Nature et Patrimoines, cruet.np.73@outlook.fr







