La nouvelle pièce d’Emmanuel Meirieu aborde le sujet de la migration à travers un double voyage. Celui des papillons Monarques qui parcourent des milliers de kilomètres entre le Canada et le Mexique et celui des migrants qui prennent tous les risques à bord de « la Bestia ».
Pour cette nouvelle création, le metteur en scène Emmanuel Meirieu nous confronte au drame de la migration en mettant en parallèle deux périples à travers l’Amérique. D’un côté, un migrant mexicain qui espère franchir la frontière sud des États-Unis, jouant sa vie dans l’espoir d’un avenir meilleur, prenant tous les risques pour avoir sa part du rêve américain.
De l’autre, un amateur de parapente qui suit le vol des papillons Monarques qui entreprennent tous les ans la migration du Canada jusqu’au Mexique. Un périple de 4000 km accompli par des groupes pouvant compter des millions d’individus. L’histoire vraie de Benjamin Jordan et de son épopée nord-sud réalisée en hommage à son frère parapentiste disparu dans un tragique accident symbolise une certaine idée de la liberté. Ce chassé-croisé à l’échelle d’un continent révèle les travers de notre époque.
La pièce s’attarde surtout sur le déplacement des migrants. L’histoire de parapentiste n’étant abordée qu’au moment du prologue et celui de l’épilogue. Pour les migrants qui entreprennent ce voyage, aucun chemin n’est sûr… Ils ne peuvent pas prendre l’avion faute de papiers, les routes sont jalonnées de nombreux barrages, tenus par une multitude d’hommes en arme.
Des narcotrafiquants, mais aussi une police corrompue, toute aussi dangereuse pour les migrants. En l’absence de trains de voyageurs, seuls subsistent les trains de fret. Les migrants les ont surnommés « La Bestia » – la bête – où des candidats à l’exil venus de toute l’Amérique centrale voyagent clandestinement dans l’espoir de rejoindre « El Norte » – le nord – et sa promesse de prospérité et, surtout, de sécurité.
De train de marchandises en train de marchandises, ces Ulysse des temps modernes accomplissent ce dangereux périple dans un monde sans pitié. Les gueules cassées de la migration ferroviaire s’entassent sur les wagons et les accidents sont fréquents. Mais le danger n’est pas que ferroviaire. La violence des forces de sécurité, celles des coupeurs de route, des bandes armées et des narcotrafiquants est omniprésente…
L’impressionnant décor
L’impressionnant décor a été créé par le scénographe Seymour Laval et Emmanuel Meirieu. Il reconstitue trois wagons de marchandises. Quelques graffitis, de la rouille, des « griffures » sur la carrosserie… Le train semble avoir du vécu… La Bestia s’élève sur scène
Monarques d’Emmanuel Meirieu. Production Le Bloc Opératoire. Théâtre des Quartiers d’Ivry, avec le Théâtre Jean-Vilar de Vitry-sur-Seine du 16 au 21 janvier 2026; MC2: Maison de la Culture de Grenoble les 29 et 30 janvier; Le Manège, Scène nationale transfrontalière, Maubeuge le 24 mars; Théâtre d’Aurillac; les 26 et 27 mars.







