Disponible sur le site Internet de France Inter, cet épisode de la série de récits documentaires Affaires sensibles se penche sur le destin de Paul Deschanel, dont la chute d’un train en marche marqua la IIIe République.
Le 26 novembre dernier, Patrice Drouelle revenait dans une nouvelle « Affaires sensibles » sur un événement qui a marqué la chronique politique de la IIIe République : la chute accidentelle, le 23 mai 1920, de Paul Deschanel, alors président de la République française.
Élu député d’Eure-et-Loir en 1885, marquant le début d’une longue carrière parlementaire, il va devenir président de la Chambre des députés à plusieurs reprises. En 1894, le scandale de Panama donne l’occasion à Paul Deschanel de mettre en cause Georges Clémenceau. Cette première dispute se dénoue dans un duel à l’épée « au premier sang ».
En 1920, il se présente face à Georges Clémenceau et devient le 11e président de la République française le 18 février 1920. La confrontation entre les deux hommes va être âpre, mais c’est Deschanel qui emporte le duel des mots. Clémenceau abandonne bientôt la course et Deschanel est élu par les deux chambres. Mais, la fonction de président de la République est alors essentiellement symbolique. Et comme l’explique un de ses biographes : « Deschanel est un arbitre sans sifflet ni carton rouge ».
Rapidement, son attitude interroge. Ainsi, à Bruxelles, à l’occasion d’un dîner d’État avec le roi des Belges, la princesse Marie-Josée de Belgique s’étonne. Dans ses mémoires, écrites quelques années plus tard, sa description de la soirée n’est pas à l’avantage de Deschanel.
L’homme est réduit à assister à toutes sortes de cérémonies officielles. Il se rend justement à l’une de ces inaugurations qui lui pèsent tant le 23 mai 1920. À bord du train, il prend un somnifère afin de parvenir à trouver le sommeil. Dans la nuit, il se penche par la fenêtre de la voiture présidentielle, alors qu’il éprouve des difficultés pour respirer.
Pour une raison inconnue, il fait une chute. Le président tombe sans que personne ne s’en aperçoive. En pyjama et ensanglanté, il est pris en charge par un cheminot, sceptique, qui fait tout de même prévenir les gendarmes. À bord, le valet de chambre ne réalise la disparition du président que vers 7 heures du matin, en gare de Roanne !
L’accident ne manquera pas de faire les choux gras de la presse et des chansonniers. L’auditeur pourra d’ailleurs écouter la chanson de Lucien Boyer sur l’accident, Le Pyjama présidentiel.
Auteur de la biographie Paul Deschanel, le président incompris (Perrin, 1991), Thierry Billard, directeur éditorial chez Robert Laffont, revient sur le legs politique de Deschanel, dont l’impressionnante modernité de ses idées : droit de vote pour les femmes, décolonisation, abolition de la peine de mort, réduction du temps de travail…
En podcast sur www.radiofrance.fr/franceinter. Affaires sensibles – Paul Deschanel, nuit de folie et train d’enfer pour le Président de Philippe Touzet.







